4700 - LOT ET GARONNE

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04 juillet 2000

Figure de proue - Louis GODEFROY

Louis GODEFROY


Louis Godefroy est né le 4 septembre 1911 à Barbaste, dans le Lot-et-Garonne, d'un père mécanicien et d'une mère bouchonnière.

Après des études secondaires, il devient plombier-zingueur puis s'engage pour 18 mois en août 1931 au 14e Régiment d'infanterie à Toulouse.

Rendu à la vie civile, il reprend son métier. Militant communiste, il exerce, au sein du Parti, des responsabilités régionales dans le Lot-et-Garonne et dans l'Ariège. Il s'engage dans les Brigades internationales en Espagne et prend part notamment, à la tête d'une compagnie, à la bataille de l'Ebre à l'été 1938.

Mobilisé en septembre 1939, il est promu caporal-chef en avril 1940. Louis Godefroy est fait prisonnier le 24 juin 1940 et interné à Metz.
Il s'évade le 7 septembre 1940, lors de son transfert en Allemagne, et entre aussitôt dans la Résistance sous le pseudonyme de Marcel, son second prénom. Louis Godefroy est un des dirigeants de l'Organisation spéciale (OS) en zone Sud il fait de la propagande et organise des groupements d'action directe.

Arrêté à Narbonne le 21 juillet 1941 par la police de Vichy, il est condamné à 15 ans de travaux forcés par la cour spéciale de Montpellier. Emprisonné à Saint-Etienne, il s'évade en septembre 1943 avec 31 autres détenus résistants, malgré d'importantes forces de police.
Il rejoint aussitôt la résistance dans la Loire et prend la tête d'un groupe comme sous-lieutenant, harcelant sans cesse l'ennemi.

En novembre 1943, Louis Godefroy est nommé lieutenant par l'Etat-major des Francs-tireurs et Partisans français (FTPF) et commissaire aux opérations de l'inter-région « G » qui englobe les départements de la Drôme, de l'Ardèche, du Vaucluse et du Gard. A ce titre, il y commande toutes les actions militaires.
Il organise l'attaque de trains de permissionnaires allemands à Portes-lès-Valence, à Montélimar, aux environs de Nîmes, qui coûtent à l'ennemi plus de 300 hommes et la perte d'un matériel ferroviaire important. Il fait également exécuter d'importants et nombreux sabotages.

Nommé capitaine par l'Etat-major FTPF en février 1944, Louis Godefroy occupe le poste de chef technique d'une importante inter-région du Centre (Indre, Creuse, Haute-Vienne, Dordogne, Corrèze, Lot et territoire de l'ex-zone non occupée de la Vienne, de la Charente et de la Gironde). Il y organise les parachutages et met en route des fabrications d'armes, de munitions et d'explosifs pour ravitailler les groupes d'action directe. Il organise en outre le renseignement, les transports et le service sanitaire de son inter-région.

Le 1er avril 1944, Louis Godefroy est promu commandant et délégué militaire de son Etat-major, il commande alors les opérations dans cette même inter-région du Centre où il était précédemment chef technique.

Louis Godefroy participe à la mise sur pied de plans d'ensemble organisant les opérations de Thiviers et Sarlande (en Dordogne), de Vigeois et Donzenac (en Corrèze), de Chalus (en Haute-Vienne) et d'Aubusson (dans la Creuse). La réalisation de ses plans d'opérations coûte à l'ennemi plus de 1 500 tués ou blessés, la perte d'un matériel important (armes, camions, auto-blindés, etc.) et désorganise tous les transports ennemis (233 coupures de voies ferrées, 5 ouvrages d'art sur voie ferrée, 15 ponts sur route), détruit de nombreux pylônes électriques (barrage de Marège de Bar), une usine électrique (La Tuilhère en Dordogne) et de nombreux wagons et locomotives, ainsi qu'une grue sur voie.

Sous sa direction les FTPF mènent les opérations d'Eymoutiers (Haute-Vienne), d'Egletons et de Tulle (Corrèze) qu'il commande personnellement. Du 8 au 12 juin, il organise dans le Lot et la Corrèze, le harcèlement par les FTPF de la division SS "Das Reich" qui, attaquée également par d'autres unités FFI, subit un retard de plusieurs jours dans sa progression.

Louis Godefroy, alias Rivière, intègre le 11 juin 1944, l'Etat-major des Forces françaises de l'Intérieur (FFI) de la Région « R 5 » comme adjoint du commandant régional, le colonel Rousselier. Il est chargé des opérations militaires et promu lieutenant-colonel le 7 juillet 1944.

Jusqu'à la Libération, il continue son action qui coûte à l'ennemi 3 000 pertes en hommes, 7 000 prisonniers et un matériel considérable.
Le 22 août 1944, nommé colonel FFI, il devient adjoint au commandant de la 12e Région militaire. Il est chargé des opérations sur le Nord-ouest, Nord et Nord-est il organise et commande les troupes de la 12ème RM. Dans l'Indre, il harcèle encore l'ennemi et l'oblige à se rendre. Dans la 12ème RM, il met sur pied des unités dans des conditions matérielles extrêmement dures, alimentant ainsi la 1ère Armée française et le Front de l'Atlantique.

A la mi-janvier 1945, le colonel Godefroy rejoint la 1ère Armée et le 126ème RI qu'il commande jusqu'à sa dissolution le 1er avril 1946 après neuf mois d'occupation en Allemagne.

Il quitte l'armée en 1946 et travaille au secrétariat national de l'Association des anciens combattants de la Résistance puis, de 1960 à 1967, dans l'édition.

Louis Godefroy est décédé le 6 avril 1987 à Saint-Jean de Fos (Hérault) où il est inhumé.

Distinctions :
Chevalier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération
Croix de Guerre 39/45 (1 citation)
Médaille de la Résistance avec rosette



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